mercredi 8 février 2012

Train FCE : Fianarantsoa-Côte Est

La gare de Fianarantsoa est charmante. Elle date de l'époque coloniale. 



Nous embarquons jeudi matin à bord de l’authentique train FCE reliant Fianar' à Manakara ! 
 C’est parti pour 163km et 10h de trajet.


Le début de la ligne passe dans les montagnes et traverse de nombreux ponts (67) et tunnels (48), creusés à la force de l’Homme (époque marquante de la colonisation avec les travaux forcés des Malgaches…). 

Nous avons des points de vue magnifique sur les reliefs ! Nous traversons aussi le reste de corridor de forêt primaire… large de 12 km seulement.
La fin du trajet est plus plat quand nous approchons de Manakara, sur la côte Est.

Cette vieille locomotive tirant de vétustes wagons vibrants a été donnée par la Suisse. Les rails ont été saisis aux Allemands après la 1e guerre mondiale. Quant à l'aiguillage, il est actionné manuellement.

Le train desserre de nombreuses gares (18) et permet de transporter des passagers mais aussi des marchandises ! 

Dans quelques gares, la locomotive fait des manœuvres pour prendre ou décrocher des wagons.

En plus d’être un moyen de transport pour les humains, ce train est aussi et surtout un moyen de commercialiser les productions de ces villages de brousse totalement isolés (bananes, café et épices essentiellement) vers les grandes villes de Fianar et Manakara.  
(Photo ci-contre : déchargement de riz)

Cette activité économique permet de fournir un complément de revenu aux populations rurales qui arrivent par ce biais à s’acheter et à se faire livrer une partie de leur besoin alimentaire, évitant ainsi de déforester encore un peu plus la forêt pour augmenter les cultures vivrières.

Le voyage dans ce train est pittoresque.

Quelle effervescence à chaque arrêt en gare. 
Une quantité de petits vendeurs (vendeuses) s’approchent du train et tendent leurs plateaux garnis de bons produits vers les fenêtres.

Perchés du haut du wagon, les touristes achètent de quoi grignoter !

A chaque gare sa spécialité : beignets de banane, écrevisses, gâteaux riz-banane, fruits, cacahuètes, épis de maïs, cuisses de poulet, épices, nougatines artisanales (un régal !!!), ravissants colliers de graines, etc. 
Pas besoin de prévoir un pique-nique, en plus, ça fait marcher le commerce local !

Voilà, nous nous sommes rendus à la gare de Fianarantsoa à 6h30 pour un départ prévu à 7h. Le train démarrera finalement à 8h30 et arrivera à Manakara à 17h. 


Petite particularité de l'arrivée : le train traverse la piste atterrissage de l'aéroport de Manakara ! 
Unique au monde...

Fianarantsoa et sa charmante "ville haute"

Etant donné la faible charge de travail à Ambato, nous décidons de partir plus tôt que prévu, le 30 janvier. 

Destination : Fianarantsoa, environ 160 km plus au Sud.

Nous y passons quelques jours pour organiser la suite du voyage et en profitons pour visiter la vieille ville, ou ville haute, localisée en haut d'une colline et offrant un grand panorama sur les montagnes et vallées alentours.

C'est la seule ville à Mada possédant un ancien centre urbain du 19e siècle, dont l’architecture harmonieuse des bâtisses donne un grand charme au lieu.

Grâce à l’investissement d’une association de sauvegarde du patrimoine, les maisons sont plutôt bien restaurées dans cette partie de la ville.

Il est vraiment agréable de se promener dans ces petites ruelles pavées, au milieu de maisons en briques à étages, avec balcon en bois et toitures en tuiles arrondies.
Très dépaysant !

Enfin, il est tant de partir en train vers le Canal des Pangalanes.

mardi 7 février 2012

Ramota : le passionné des pachypodiums et aloès!

Malgré le cadre magnifique dans lequel nous avons atterri, la mission est peu fournie et nous n'avons pas une grosse charge de travail... 
Heureusement, pour passer un peu le temps, les locaux nous ont parlé de Ramota, un villageois la 60aine passée, qui connaît bien la région pour y guider des scientifiques à la recherche de plantes spécifiques.

Nous avons bénéficié de ces talents de guide et de sa passion pour les aloes et pachypodiums à travers son petit jardin botanique et deux jolies randonnées. 

Dans la première, Ramota nous a fait visiter la montagne alentours avec de magnifiques panoramas.
 Nous avons grimpé à des petites collines afin de dénicher ses plantes fétiches :
- des orchidées, dont quelques unes en fleurs.
- des pachypodiums, qui grandissent de 1mm par an ! Avec des spécimens de 60cm de haut, on vous laisse imaginer leur âge !!! Seuls les feux de brousse semblent avoir raison d'eux...
 - des aloes, qui poussent généralement au-dessus des gisements de marbre.
 
Nous avons aussi découvert la richesse du sous-sol de la région : tourmaline, améthyste, cristal de roche, marbre blanc et rose, granite noir, dolomie, etc. 

Nous avons déambulé sur un ancien site d'extraction de marbre à ciel ouvert, car le gisement était affleurant. Puis nous avons rejoint l'usine de la MAGRAMA, hélas fermée depuis le début de la crise politique en 2009, mettant 190 salariés à la porte...

PASSIONNANT !

Lors de la deuxième balade, nous nous sommes rendus aux « thermes » de Ranomafana, à 4km d'Ambato. Nous avons parcouru cette distance à pied, sur une piste de terre bien boueuse en cette saison des pluies...

Le site, en cours de réfection, est composé de bains vétustes et effondrés qui font encore le bonheur de malgaches avides de bain chaud et de saltos !! 

L'eau sort de la source aux alentours de 60° et est récupérée dans ces bassins. 
Un bâtiment tout en long, en brique, abrite des petites cabines de bain joliment restaurées mais encore inachevées. 

Nos maillots de bain resteront au chaud dans le sac à dos!
 
Pour le retour, Ramota nous a fait passé par les collines pour nous permettre d'avoir de beaux panoramas sur les rizières et les montagnes (on a aperçu le sommet de l'Itremo : 1600m!) mais aussi de retrouver des pachypodiums et aloes et enfin, de découvrir l'ancien site de parcage des zébus.

Nous avons pu observer un paysage qui nous a rappelé le piton de la Fournaise à la Réunion ! 
En effet, du haut de notre promontoire, sous nos yeux, s'étendait une grande plaine parsemée de petits cratères et derrière laquelle s'élevait une grosse barre rocheuse, le fameux rempart qui entour l'enclos d'un volcan ! 

Nous voyons donc tout cela, du haut de notre volcan éteint :o) A la place d'une zone noire et caillouteuse comme à la Réunion, l'endroit s'est couvert de cultures, au fur et mesure du temps. 
Le vert éclatant des rizières brille sous le soleil !

Enfin, nous descendons de notre colline afin de rejoindre le village d'Ambato.

Les Hautes-Terres

Nous nous retrouvons donc dans les Hautes Terres. 
Pour accéder à la ville d'Ambato', pourtant chef-lieu de district, il faut emprunter un route nationale défoncée, qui serpente et qui monte et descend. Il faut 2h30 pour réaliser les 70km entre Ambositra et cette ville... La route n'a pas été entretenue depuis 30ans !
La photo de droite montre la route principale.

Dans cette région, le temps est moins chaud, presque "frais" et il n'y a pas ou très peu de moustiques. 

Le paysage est grandiose : rizières dans les vallées ou en terrasse et des cultures à perte de vue sur les reliefs ! 

Le rouge de la terre contraste avec le vert vif des rizières et toutes les nuances des végétaux.

Les maisons, typiques de la région sont composées de brique ou de terre et recouvertes de terre rouge locale. 

Elles possèdent un étage avec souvent un balcon en bois joliment ajouré. C’est l’espace de vie. On peut remarquer de la fumée qui sort par une petite fenêtre tout en haut du pignon et qui correspond à la cuisine.
Le rez-de-chaussée est destiné au bétail et/ou entreposage de produits divers.
Le toit est en chaume de riz.

Les cultures principales sont donc le riz mais aussi le maïs, le manioc, la patate douce, les haricots, les arachides nommées aussi "pistaches malgaches". Pour optimiser la surface, les cultures sont associées : le maïs côtoie le manioc et les haricots ou arachides, etc.

ONG Tiako: la lutte contre la malnutrition




Nous voici de retour à Mada depuis le 11 janvier 2012. Dès notre arrivée à Tana, nous sommes pris en charge par l'ONG Tiako.

Notre mission initiale basée sur le reboisement a été modifiée entre temps. Nous allons finalement participer à la mise en place d'un jardin potager communautaire dans la ville d'Ambatofinandrahana (ou Ambato'), une bourgade au Sud de Tana, à l'Ouest d'Ambositra.
  
L'association Tiako est un relais sur le terrain du programme de nutrition nommé SEECALINE, financé par la Banque Mondiale et géré par le Ministère de la santé et l'ONN (Office national de nutrition).

Concrètement le district d'Ambato est découpé en 10 sites avec pour chacun, un agent communautaire (une femmes du village) qui a pour rôle de sensibiliser les mères et les jeunes filles, d'aider à composer des repas équilibrés, de suivre de développement des enfants entre 0 et 5 ans en organisant des pesées mensuelles.
Cette tranche d'âge est la plus sensible aux carences alimentaires qui peuvent provoquer des problèmes de développement physique et mental irréversibles.

De manière générale, la population à Mada souffre de malnutrition, pour deux raisons principales : 

1. le manque d'aliments disponibles, surtout en périodes de «soudure» c'est à dire avant et après la saison des pluies. Avant car c'est la période de sécheresse et après car les champs sont juste ensemencés...

2. les habitudes alimentaires qui privilégient presque exclusivement le riz et n'associent que peu de légumes pourtant disponibles en quantité dans certaines régions!

Notre bénévolat a consisté à participer à une journée de jardinage en groupe, avec les agents communautaires (11 personnes). L'objectif de ce potager est de sensibiliser les femmes aux enjeux d'une bonne nutrition en utilisant les légumes du jardin.

Nous avons été invités à une journée de sensibilisation des villageois aux enjeux d'une alimentation équilibrée et variée avec en application, la réalisation d'une "soupe de légumes communautaire" et la pesée de 90 enfants !





lundi 9 janvier 2012

Bonne année 2012 de Mayotte !

Comme il faut sortir du territoire malgache pour faire renouveler notre visa, nous avons choisi Mayotte, 101e département français depuis avril 2011, pour nous "exiler" temporairement.

Quelques jours de remise en forme à Mamoudzou (la "capitale"), où nous passons un 1er janvier ensoleillé et chaud.
Nous débutons ainsi une nouvelle année 2012 pleine d'énergie !

Nous partons pour le Sud de l'île à la découverte de la faune marine.


Dommage, le temps n'est plus de la partie... Entre deux alertes oranges "fortes pluies", nous réussissons à explorer le lagon avec masque et tuba.

Nous ne sommes pas déçus du voyage : de beaux poissons colorés et surtout des TORTUES juste au bord de la plage, qui nagent dans parfois juste 1m d'eau !! Nous les observons brouter les herbiers marins paisiblement. Ce sont les "Tortues vertes"; herbivores. C'est un spectacle féérique et magique !

Mayotte est une destination très prisée des tortues qui viennent pondre sur les plages et se laissent observer par les plongeur avec une certaine docilité.

Elles ont bien raison, car l'île regorge de superbes plages aux couleurs variées (sable noir, blanc, ocre, etc.) et un lagon d'une richesse et d'une beauté spectaculaire que nous n'auront hélas pas pu découvrir plus profondément faute de temps et de mauvais temps ;o)

Beaucoup de Maki, qui s'observent de très près mais au caractère parfois susceptible... Gare au lancé de mangue ou au crottes bien lâchées si on ose rester trop longtemps sous un de leurs arbres ! lol

Les trajets en stop et taxi-brousse (de luxe par rapport à Mada) nous ont permis de discuter avec de nombreuses personnes. C'était très enrichissant.

L'histoire de cette île et des ses habitants est très riche et complexe à la fois. Beaucoup de liens avec les Comores et la France, ils semblent d'ailleurs avoir un fort attachement pour cette dernière.

L'accueil chez des amis de Nicolas a été une pause agréable avant notre départ pour Mada.

Joyeux Noël à Tana

Retour dans la capitale après trois semaines de traversée de la cote Est assez haletantes. Nous restons quelques jours sur Tana avant une incursion à Mayotte pour renouveler notre visa!!
 
Nous passons donc le réveillon de Noël dans la douceur de l'été austral, en T-shirt et short!! L'après-midi du 24 s'est déroulé avec des chants de Noel passant à la radio et remixés à la Malgache!! Original mais ça met dans l'ambiance :o)

Même éloigné de quelques milliers de kilomètres de la métropole, nous avons tenu à marquer le coup ! Pas de buches dans la cheminée pour la veillée, d'ailleurs, il n'y en a pas dans la Maison des Volontaires... mais une belle table garnie d'aliments variés, bien loin de notre traditionnel riz quotidien! Cela fait du bien de casser la monotonie alimentaire lol!! Pas de dinde farcie mais un beau poulet acheté au marché accompagné de légumes frais, du foie gras Malgache !!! en entrée, oui, oui et un délicieux ananas façon "Belle-Hélène" en dessert !

Joyeux Noel!!! avec le sourire-de-la-vache-qui-rit ;o)

Quelle surprise de découvrir au pied de notre "persil de Noel" (en guise de sapin!), les cadeaux apportés par le Père Noel!! Il ne nous a pas oublié lol!! Un GROS POT de Nutella pour Amélie et un père noel en chocolat pour Nicolas! Humm!

Le midi, nous nous sommes fait un petit restaurant au Café de la Gare après s'être fait les poches par les enfants de l'Avenue de l'Indépendance, tout sourire !!!
Heureusement, elles étaient vides lol!!!

La gare a été construite au début du XXè siècle pour un architecte français. Aujourd'hui, elle ne sert qu'au transport de marchandises et parfois quelques michelines s'arrêtent prendre des voyageurs mais de manière irrégulière. Elle a été réhabilitée pour le commerce et possède un restaurant "haut de gamme" où les toilettes sont installées dans un ancien wagon bien restauré !! Surprenant!!

Le repas se déroule sous les mélodies de Noël jouées par un pianiste. Moment détente.